Qu’est-ce qu’on mange ce soir?

Les semaines et les mois passent, et on en vient à ne plus savoir quoi manger ou quoi préparer pour souper. Dans une même famille, un tel aime ceci, une telle n’aime pas cela. Difficile de plaire à toute la maisonnée… et parfois, on a simplement envie de faire changement.

Pourtant, ça n’a jamais été aussi facile de trouver des idées pour « popoter ». On a toutes les recettes du monde à portée de main, dans nos téléphones cellulaires. Ironiquement, la même question revient presque chaque jour entre ma femme et moi :

— Chéri, qu’est-ce qu’on mange pour souper?

Ou sa variante :

— As-tu envie de quelque chose de spécial ce soir?

Je suis convaincu qu’on n’est pas les seuls.

Et si la technologie nous donnait un petit coup de main?

Imaginons un supermarché où chaque aliment, chaque conserve et chaque emballage serait muni d’une petite puce RFID, une étiquette qu’on peut lire sans contact. À la maison, un système pourrait suivre ce qu’on range dans le garde-manger, le frigo et le congélo, puis ce qu’on utilise.

Avec cet inventaire, l’intelligence artificielle pourrait nous suggérer des repas rapides avant même qu’on franchisse la porte :

« Vous avez du poulet, un poivron et du riz. Un sauté pour souper, ça vous tente? »

Il resterait sûrement des détails à régler. Entre autres, comment faire comprendre au système que le pot est encore dans le frigo, mais qu’il ne reste presque rien dedans? Ou que le poulet était finalement réservé pour demain?

Mais l’idée me plaît. Moins de casse-tête, peut-être moins de gaspillage… et une réponse à notre fameuse question.

Enfin, jusqu’à ce que l’un de nous dise : « Ça ne me tente pas de manger du poulet. »

C’est là que ma réflexion prend une autre direction.

Quand j’ouvre un frigo bien rempli et que je ne sais pas quoi manger, qu’est-ce qui me manque au juste? De la nourriture, des idées ou simplement l’envie de manger ce qui est là?

Dans mon cas, c’est peut-être surtout un signe d’abondance. Sans me considérer comme riche, j’ai la possibilité de choisir ce que je vais manger. Et à force de vivre avec cette possibilité chaque jour, je finis peut-être par ne plus la remarquer.

Ça ne veut pas dire qu’on manque de gratitude chaque fois qu’on est tanné de préparer le souper. Après une grosse journée, on peut très bien apprécier ce qu’on a et ne pas avoir envie de décider encore quelque chose.

Mais cette question toute simple me rappelle que manger à ma faim est une chance qui n’est pas donnée à tout le monde. Pour moi, le dilemme porte sur le menu. Pour d’autres, la question est de savoir s’il y aura un repas.

Demain soir, je vais probablement encore demander à ma femme ce qu’elle a envie de manger. Et je serais bien content qu’une IA nous trouve une idée avec ce qu’on a sous la main.

Entre-temps, je peux déjà prendre une seconde pour apprécier le contenu du frigo avant de chercher ce qui me tente.

Et si notre éternelle question du souper devenait aussi, de temps en temps, un petit rappel de cette chance-là?

#Et-si #VieDeCouple #Quotidien #Question

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